Histoire du journalisme scientifique

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1970-1990

Le journalisme à cette époque

La professionnalisation du journalisme

Les journalistes profitent de la reconnaissance professionnelle acquise dans la décennie précédente. Les journalistes québécois se regroupent en 1968 au sein de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

En 1973, les journalistes et les directions d'entreprises de presse créent conjointement le Conseil de presse du Québec. Cet organisme qui réunit des représentants du patronat de la presse, des journalistes et du public a un double mandat : défendre la liberté de presse et le droit du public à l'information; étudier les plaintes envers les médias et les journalistes.

En 1978, des journalistes anglophones créent le Centre for Investigative Journalism qui deviendra par la suite la Canadian Association of Journalists.

Les débuts de la formation universitaire en journalisme

Les collèges et les universités du Canada offrent maintenant des programmes de formation en journalisme. Au Québec, le Cégep de Jonquière ouvre son programme Art et technologie des médias en 1967. En 1973, on compte quatre universités canadiennes qui proposent des formations en journalisme : trois en Ontario (Carleton University, Ryerson Institute of Technology, University of Western Ontario) et une au Québec (Université Laval). En 1980, on recense déjà plus de 35 centres de formation en journalisme au Canada.

Une perception nouvelle du rôle de journaliste

Les jeunes journalistes proviennent de campus universitaires en pleine effervescence politique et sociale. Pour eux, l'information doit appuyer la démocratisation des affaires de l'État et servir l'intérêt public. Tout en demeurant attachés au principe de l'objectivité journalistique, ils aspirent à traiter plus directement des enjeux sociaux. Ils conçoivent le journalisme comme un moteur de changement social.

Ces nouveaux journalistes se heurtent à des directions qui, à leurs yeux, ont abdiqué leur responsabilité d'information. Les années 1970 sont d'ailleurs marquées par de nombreux conflits de travail dans l'industrie de la presse.

Le travail du journaliste évolue, le contenu des journaux aussi

L'État intervient beaucoup plus dans toutes les sphères de la société (économie, science, culture, éducation, etc.). L'appareil gouvernemental prend de l'ampleur. On confie les relations avec les médias à des intermédiaires et on utilise massivement le communiqué de presse. Par conséquent, pour obtenir de l'information, les journalistes doivent passer par ces agents de relations publiques ou professionnels de la communication.

Dans les médias, les affaires publiques prennent une place plus importante. Les journaux, puis la radio et la télévision proposent aussi davantage de reportages et d'analyses. Les médias peuvent ainsi aborder des problématiques complexes en présentant des explications plus étoffées et nuancées.

Les quotidiens adoptent de nouvelles pratiques

L'augmentation de la taille du journal et celle du nombre de journalistes dans les salles de presse rendent possible la spécialisation du contenu des journaux. Par exemple, on donne des assignations spécialisées en éducation, en santé et en science. Les sections et les cahiers spéciaux sont plus nombreux. Suivant le mouvement amorcé par le Nouveau Journal en 1962, la mise en page des quotidiens s'allège et s'aère. Les titres et les illustrations occupent plus d'espace.