Histoire du journalisme scientifique

Le Journal

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1945-1970

Le journalisme à cette époque

L'industrie de la presse est florissante

La prospérité économique de l'après-guerre favorise l'industrie de la presse. Les recettes publicitaires augmentent et les journaux deviennent plus volumineux. De même, les salles de rédaction prennent de l'ampleur. La presse populaire tabloïd connaît un essor notable : on lance le Journal de Montréal (1964-); le lectorat de Montréal-Matin s'accroît. Cependant, La Presse et le Star demeurent des quotidiens très influents au Canada.

Les artisans d'une presse passive

Les journalistes de cette époque apprennent les rudiments de leur métier sur le tas, suivant les enseignements et les commentaires des rédacteurs en chef et des journalistes vétérans. Quelques rares journalistes ont une formation universitaire.

Les journaux proposent alors des textes bien écrits, où abondent les longues descriptions. Les journalistes exploitent les mots pour faire « voir » les événements dont ils sont témoins.

Néanmoins, jusqu'au début des années 1960, les journalistes de Radio-Canada et du service français de l'agence La Presse Canadienne sont surtout des traducteurs-adaptateurs. Ils font rarement du reportage et leurs articles s'en tiennent au compte rendu des conférences de presse du premier ministre ou d'autres sources « officielles ». Dans ces circonstances, les journalistes retirent bien peu de reconnaissance sociale et de prestige pour leurs services.

Machine linotype

Création de syndicats et d'associations professionnelles

Entre 1945 et le début des années 1950, plusieurs syndicats de journalistes sont formés; des conditions de travail minimales décentes sont négociées. La syndicalisation touche principalement les quotidiens.

Les journalistes de langue française forment une association professionnelle, l'Union canadienne des journalistes de langue française et ils définissent un code de pratique professionnelle de leur métier. La télévision donne l'occasion à plusieurs d'entre eux de devenir des personnalités connues, par exemple André Laurendeau et Gérard Pelletier.

Caméraman filmant le Tour cycliste dans Lanaudière

Le nombre de femmes journalistes augmente progressivement. En somme, à partir de la fin des années 1950, le journalisme se professionnalise et jouit d'un meilleur statut.

Grâce à la protection de leurs syndicats, les journalistes acquièrent plus d'indépendance par rapport aux institutions qu'ils couvrent et plus de liberté dans le traitement des sujets. Considérant qu'ils ont un rôle à jouer dans la transmission de l'information et dans les débats de société, les journalistes commencent à s'intéresser davantage aux affaires publiques.

La presse électronique se développe

Les stations de radio ont désormais des salles de nouvelles. Le reportage radio devient très courant et le journalisme radiophonique s'établit solidement.

En parallèle, la télévision fait son apparition. En 1951 et 1952, Radio-Canada et CBC engagent leurs premières équipes de réalisateurs et de techniciens, et produisent d'abord de nombreuses émissions expérimentales. En septembre 1952, les chaînes CBFT-TV (Radio-Canada à Montréal) et CBLT-TV (CBC à Toronto) prennent l'antenne. Au départ, la station Radio-Canada à Montréal est bilingue; elle devient exclusivement française après l'ouverture de la chaîne anglaise CBMT-TV (CBC à Montréal) en 1954.

Au début, la télévision présente l'information d'une manière semblable à celle de la radio : on entend un texte, mais on voit le présentateur le lire ! Cependant, les médias deviennent graduellement complémentaires dans la production et la diffusion de l'information.

Décor pour l'émission Monsieur Technos