Histoire du journalisme scientifique

Le Journal

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1920-1945

Le journalisme à cette époque

La presse d'information prédomine

Dans les pages des grands quotidiens, on rapporte des faits, on décrit des événements : la presse d'information est maintenant bien établie. Quelques journaux demeurent associés à des partis politiques (Montréal-Matin, Le Canada), mais leur diffusion est plus limitée.

Un nouveau type de journal apparaît : le tabloïd fortement illustré, comme l'hebdomadaire Petit Journal et le quotidien L'Illustration. Par ailleurs, au cours des années 1930, les magazines illustrés tels Le Samedi (1889-1963), La Revue populaire (1907-1963) et La Revue moderne sont très appréciés.

La crise économique de 1929 puis la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) nuisent à l'industrie de la presse. Les tirages stagnent; la forme et le contenu des journaux évoluent peu.

Les débuts de la radiodiffusion canadienne

À partir de 1920, le gouvernement canadien accorde les premières licences de radiodiffusion à des entreprises privées. Le matériel de transmission est rudimentaire, les conditions de réception sont mauvaises, et le nombre de récepteurs très limité. L'implantation de la radio dans les foyers se fait donc très progressivement.

En 1931
seulement 28 % des foyers québécois
– 38 % en ville et 8 % à la campagne –
possèdent un récepteur radio.

De même, l'éventail d'émissions locales est mince. Il faut dire que la programmation n'est pas continue : les stations émettent (« irradient », comme on dit à l'époque) seulement quelques heures par jour, et pas tous les jours ! Entre les programmes, aucun son ne sort de la radio ou bien on entend parfois ce qui provient d'une autre station émettant à la même fréquence.

Plusieurs de ces premiers radiodiffuseurs retransmettent des « programmes » provenant des réseaux américains : concerts, théâtre, conférences, etc.

Station radiophonique C.K.A.C.

CKAC, première station francophone au Canada

Le 27 septembre 1922, le quotidien La Presse inaugure la station CKAC. Il s'agit de la première station francophone au Canada. Ce croisement entre le journal – un média évolué possédant l'expertise de la diffusion de contenus – et les ondes radio permet la création de ce nouveau média qu'est la radio. D'autres quotidiens canadiens obtiennent une licence de diffusion radio, par exemple London Free Press crée CJGC; Edmonton Journal, CJCA; Calgary Herald, CFAC.

La programmation et le mandat de la radio évoluent

Très vite, des commanditaires commencent à produire des émissions et à les faire radiodiffuser par les stations de radio. Dans les années 1930, les stations de radio conçoivent et réalisent elles-mêmes une plus grande partie de leur programmation.

Par exemple, la direction de CKAC établit des contacts avec les milieux artistique, scientifique et sociaux pour « alimenter » le contenu de ses émissions. De 1922 à 1927, la musique et le théâtre prédominent sur les ondes de la station. En 1927, CKAC augmente sa puissance émettrice et les heures de diffusion passent de 12 à 14 heures par jour. La programmation devient plus fiable et continue.

Émission radiophonique « Réveil rural »

Dans les années 1940, le radiodiffuseur public SRC/CBC (Société Radio-Canada/ Canadian Broadcasting Corporation) prend l'initiative de la conception et de la réalisation de ses émissions. Ce changement affirme l'autonomie de la production et en fait évoluer le caractère professionnel.

Station radiophonique C.B.F. (Radio-Canada)

Radio-Canada et CBC, à la base du réseau public

L'ancêtre de la Société Radio-Canada est la Commission canadienne de la radiodiffusion (CCR), que le gouvernement fédéral crée en 1932. Un texte officiel à caractère promotionnel datant de 1934 décrit ainsi la programmation de la CCR : « Divertissements radiophoniques : Par l'entremise du réseau national de la Commission, des artistes canadiens offriront aux foyers canadiens des programmes destinés au public canadien. » En 1936, la CCR est remplacée par la Société Radio-Canada/Canadian Broadcasting Corporation (SRC/CBC).

Sur le plan journalistique, jusqu'aux années 1940, la radio n'assume pas de rôle important dans le reportage des événements d'actualité. La Seconde Guerre mondiale suscitera ce nouveau mandat de renseigner la population : les stations de radio se dotent de services d'information et embauchent des journalistes.