Histoire du journalisme scientifique

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1990-...

La science à cette époque

Chercheurs-entrepreneurs et enjeux éthiques

Comme jamais auparavant, la recherche scientifique permet l'intervention de la technologie sur la vie humaine et sur l'environnement. Ce phénomène soulève des questionnements éthiques. Plusieurs dossiers deviennent ainsi objet de controverse, notamment les organismes génétiquement modifiés (OGM), les techniques de reproduction assistée, le clonage, les cellules souches et les nanotechnologies.

La confirmation des changements climatiques fait converger les intérêts scientifiques sur l'environnement (écologie, océanographie, météorologie, etc.). La recherche explose du côté des industries pharmaceutique et biotechnologique.

Voici l'ère du chercheur-entrepreneur

Souvent le chercheur fait partie d'un institut de recherche fonctionnant comme une entreprise. Il devient « chercheur-entrepreneur ». Son but est alors de produire des résultats de recherche applicables rapidement, qu'on peut breveter et commercialiser afin de générer des profits pour les universités, les entreprises et les gouvernements. Les universités se dotent de bureaux de commercialisation de la recherche et les collaborations université-entreprise sont encouragées.

Pour stimuler la « société du savoir » et « l'économie du savoir », les gouvernements mettent en place de nouveaux organismes comme la Fondation canadienne à l'innovation (FCI, 1997), Génome Canada (2000) et Génome Québec (2000). Depuis 2000, avec le programme des Chaires de recherche du Canada, le gouvernement fédéral investit massivement dans la recherche universitaire. La question du financement reste néanmoins un sujet sensible. En 2008-2009, de nombreux acteurs du milieu scientifique critiquent le gouvernement fédéral et ses récentes coupes budgétaires imposées au milieu de la recherche.

Les établissements de recherche sur le terrain de la communication scientifique

Les scientifiques et les établissements de recherche disposent de moyens de plus en plus importants pour communiquer leurs résultats. Les subventions de recherche comprennent maintenant un budget de diffusion des résultats et les bailleurs de fonds insistent sur cette diffusion. Conséquence : certains journalistes scientifiques des médias migrent vers des postes en communication dans les établissements de recherche.

Des balises pour protéger l'intérêt public

Face aux enjeux éthiques, sociaux et économiques suscités par les découvertes scientifiques, l'État tente d'encadrer l'application des innovations. Au niveau fédéral, le gouvernement encourage les sociétés savantes à se regrouper en académies pouvant jouer un rôle consultatif. Au Québec, le gouvernement met en place la Commission de l'éthique de la science et de la technologie (http://www.ethique.gouv.qc.ca/). Cette Commission s'est penchée entre autres sur la procréation assistée, la fabrication de semences, l'utilisation de données biométriques à des fins de sécurité, les nanotechnologies, le don et la transplantation d'organes.

Au sein du milieu scientifique même, il existe un courant critique à l'égard des impacts de la science et de la technologie. Ainsi, afin d'enrichir le débat public de leurs opinions, certains scientifiques se regroupent par exemple dans le mouvement pacifiste international Pugwash, fondé dans la ville néo-écossaise du même nom (http://www.pugwashgroup.ca/), ou dans le mouvement américain Union of Concerned Scientists (http://www.ucsusa.org/).