Histoire du journalisme scientifique

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1870-1920

La science à cette époque

Les universités canadiennes se modernisent

La fin du XIXe siècle voit l'émergence d'une communauté scientifique organisée au sein d'universités modernes. Le modèle de formation aux études supérieures, qui se perpétue aujourd'hui, s'implante au Canada.

Les chefs de file de cette communauté scientifique œuvrent principalement à la University of Toronto, à la Queen's University de Kingston et à l'Université McGill de Montréal (à ce moment encore le McGill College). Ces établissements offrent des programmes d'études supérieures en sciences naturelles, en chimie, en physique, en génie et en médecine.

L'Université Laval, fondée en 1852, assure l'enseignement des sciences, mais cette formation scientifique ne s'adresse qu'aux étudiants en fin de cours classique et aux étudiants de médecine. Elle consiste en cours de chimie, de physique et de botanique. En matière scientifique, la succursale montréalaise de l'Université Laval, qui deviendra l'Université de Montréal en 1920, comporte seulement une faculté de médecine.

John William Dawson

John William Dawson, géologue, professeur et recteur de l'Université McGill de 1855 à 1893, a été le premier scientifique canadien de renommée mondiale. Originaire de Nouvelle-Écosse, il se fait d'abord connaître comme géologue, puis il devient le plus grand savant de son époque en matière de plantes fossiles. En 1882, il participe à la fondation de la Société royale du Canada (il en devient le premier président), qui est alors le principal organisme national oeuvrant à la promotion du savoir et de la recherche au Canada.

Ces deux universités francophones ne donnent pas d'enseignement menant à un diplôme d'études supérieures en sciences. Plusieurs professeurs de sciences de l'Université Laval sont toutefois reconnus pour leurs travaux de recherche. Les plus réputés sont les abbés Louis-Ovide Brunet (botanique), Joseph-Clovis-Kemner Laflamme (géologie et physique) et Henri Simard (physique), et le docteur Hubert LaRue (chimie). Avec les naturalistes autodidactes, ils sont également actifs dans plusieurs sociétés savantes.

Mgr Joseph-Clovis-Kemner Laflamme

Joseph-Clovis-Kemner Laflamme, prêtre, éducateur et scientifique. Professeur de géologie et de minéralogie à l'Université Laval en 1870, il y enseigne aussi la physique de 1875 à 1893. À partir de 1880, il dirige plusieurs explorations au Québec pour la Commission géologique du Canada. Mais sa renommée vient surtout de son apport au domaine de l'éducation et à la diffusion des connaissances scientifiques. Par ses conférences publiques, ouvrages de science et articles de journaux, il fait connaître aux Canadiens français les importantes découvertes scientifiques de l'époque et leurs applications, notamment celles de l'électricité, du téléphone et des rayons X. Membre fondateur de la Société royale du Canada, il en devient le président en 1891. En 1893, il est nommé recteur de l'Université Laval.

Quelques sociétés savantes de l'époque

Literary and Historical Society of Quebec (1824)

Natural History Society of Montreal (1827)

Institut canadien de Montréal (1844)

Institut canadien de Québec (1848)

Montreal Horticultural Society & Fruit Growers' Association of the Province of Quebec (1846)

Entomological Society of Ontario, filiales de Québec (1863) et de Montréal (1873)

Comme dans les décennies précédentes, la géologie constitue la science appliquée la plus avancée de l'époque. Ces travaux sont appuyés par la Commission géologique du Canada, dont le rôle est d'explorer les ressources minérales (fer, charbon, etc.) pouvant être exploitées.

Besoin accru de main-d'œuvre spécialisée

Parallèlement au développement scientifique universitaire, on favorise la formation technique pour répondre au besoin croissant de l'industrie en main-d'œuvre spécialisée. On crée à Montréal l'École Polytechnique (1873) et l'École des hautes études commerciales (fondée en 1907 par la Chambre de commerce de Montréal). L'Université Laval ouvre à Québec l'École d'arpentage (1907) et l'École de foresterie (1910).