Histoire du journalisme scientifique

Le Journal

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1970-1990

Un journalisme scientifique plus critique

Le journalisme scientifique est une spécialisation reconnue

Les journalistes scientifiques sont de plus en plus nombreux et ils se regroupent au sein d'associations professionnelles. Le journalisme scientifique est maintenant une spécialisation reconnue. Sur le plan social autant que sur le plan économique, la science occupe une place prépondérante. D'ailleurs, dans La Presse et le Star, l'espace accordé aux sciences en 1975 est huit fois plus important qu'en 1945.

John F. Kennedy Space Center

Extrait audio
Radiojournal (extrait de 1 minute et 50 secondes)

Diffusion : 1969-07-20
Sujet : Reportage sur l'alunissage d'Appolo 11
Animateur : Louis Desroches
Source : Soiété Radio-Canada

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La conquête de la Lune

La science en bonne place dans les médias

Le marché des magazines scientifiques est dynamique, mais seuls Québec Science et Canadian Geographic réussissent à durer.

À la télévision comme à la radio, les émissions à caractère scientifique ne visent plus seulement à éduquer : elles traitent des enjeux d'actualité qui ont une influence sur la vie des citoyens.

Les gouvernements soutiennent davantage les sciences et le journalisme scientifique par le biais de programmes et d'organismes de subvention.

Les journalistes veulent défendre l'intérêt public

Le journalisme scientifique des années 1970 s'intéresse aux retombées des activités scientifiques et de la technologie. Il souhaite contribuer à la vie démocratique et à la protection de l'intérêt public tout en s'intéressant au développement de l'économie nationale et des institutions scientifiques. Ce mandat, beaucoup plus complexe qu'auparavant, s'accorde tout à fait avec le « journalisme d'affaires publiques » qui prévaut maintenant dans les médias d'information. Le journalisme d'affaires publiques s'intéresse aux affaires de l'État, à la vie politique et aux enjeux de sociétés. Il va au-delà de la nouvelle : il traite les sujets « en profondeur », en ayant recours notamment au reportage, à l'analyse et à l'enquête.

Par suite de révélations sur les effets néfastes de la thalidomide – un médicament prescrit aux femmes enceintes pour contrer les nausées –, et du pesticide D.D.T., plusieurs journalistes posent un regard plus critique sur les activités scientifiques et sur la technologie.

L'éclosion de la crise environnementale accentue cette approche journalistique plus critique. L'environnement devient le thème de l'heure et de nombreux enjeux préoccupent autant les journalistes que la population : l'énergie et les armes nucléaires, la pollution, les pluies acides, la détérioration de la couche d'ozone, les maladies industrielles, etc. Le journalisme environnemental plus ou moins militant fait sa place dans le paysage médiatique.

Le contexte sociohistorique

Les enfants du baby boom d'après-guerre sont maintenant de jeunes adultes. Ils sont instruits et engagés. Pacifisme, souverainisme, écologisme, etc. : les causes et les mouvements sociaux sont nombreux. Les campus universitaires sont en effervescence, et ce dans plusieurs pays d'Amérique du Nord, d'Amérique latine et d'Europe. Les manifestations étudiantes atteignent leur apogée en mai 1968.

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La science à cette époque

Dans le contexte de la crise environnementale naissante, l'écologie supplante la botanique et la zoologie. On s'intéresse davantage à l'étude des écosystèmes et des impacts des activités humaines sur l'environnement. La biologie moléculaire et la génétique détrônent l'étude des classifications du vivant. Du côté des sciences physiques, l'aéronautique, l'astrophysique et la physique des particules, ainsi que la physique nucléaire (par suite de la crise de l'énergie des années 1970) prennent une place prépondérante dans la recherche.

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Le journalisme à cette époque

Les journalistes profitent de la reconnaissance professionnelle acquise dans la décennie précédente. Les journalistes québécois se regroupent en 1968 au sein de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

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Le traitement de la science par les médias

Au début des années 1970, tout un réseau de journalistes scientifiques est en place dans la presse écrite ainsi qu'à la télévision et à la radio. Ils succèdent à la première génération de journalistes scientifiques qui ont fait leur place dans les médias canadiens depuis les années 1950.

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