Histoire du journalisme scientifique

Le Journal

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1945-1970

Les premiers journalistes scientifiques font leur place dans la presse

Une mission : rapprocher la science de la population

Photo de Roland Prévost à New York, au Rockefeller Center

Extrait audio
Sciences et aventures (extrait de 2 minutes 41 secondes)

Diffusion : 22 janvier 1948
Poste de radio : CKAC de Montréal
Sujet : L'énergie nucléaire
Animateur : Roland Prévost
Source : Bibliothèques et archives nationale du Québec

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Le contexte de l'après-guerre est favorable à l'expansion de la presse écrite. Dans les quotidiens, des journalistes « ordinaires » souhaitent se consacrer à l'actualité scientifique. Certains en font même leur spécialité. Ces premiers journalistes scientifiques considèrent qu'ils ont un rôle à jouer pour renseigner la population sur l'état et l'évolution des sciences au Canada, car les sciences sont un moteur important de la modernisation de la société.

Par ailleurs, les activités scientifiques sont de plus en plus spécialisées et coûteuses. Les recherches se multiplient rapidement et se diversifient; les laboratoires sont mieux équipés.

Reflet de ce dynamisme de la recherche, l'éventail des sujets scientifiques couverts par les médias s'élargit, mais la santé domine encore. Cependant, l'exploration spatiale au cours des années 1950 et 1960 suscite un enthousiasme qui contribue grandement à la popularité des sciences auprès du public et dans les médias. Les nouvelles, chroniques et émissions télévisées sur l'astronomie et l'astronautique abondent. La couverture du domaine spatial devient une « rampe de lancement » importante pour la première génération de journalistes scientifiques. Avec la guerre froide en toile de fond, la course à la conquête de l'espace entre les États-Unis et l'URSS se transforme en enjeu politique.

Preuve que la science est de plus en plus présente dans la société, la radio présente aussi des bulletins de nouvelles et des émissions d'affaires publiques qui incluent des questions scientifiques.

Journalistes et scientifiques : le rapport se modifie

Les journalistes sont de plus en plus nombreux à faire appel à l'expertise des scientifiques. Dans ce nouveau contexte, plusieurs facteurs sont source de tension entre les deux groupes.

La production du contenu médiatique comporte des contraintes qui altèrent parfois la communication des informations scientifiques. D'une part, les journalistes peuvent faire des erreurs dans l'interprétation des informations transmises par les scientifiques. D'autre part, les scientifiques sont parfois de mauvais vulgarisateurs, ce qui rend la tâche des journalistes plus ardue. En outre, avec la spécialisation croissante de la recherche, les informations sont plus complexes et les scientifiques ont moins de temps à consacrer aux médias. Bref, à la fin des années 1960, les deux groupes professionnels doivent adapter leurs pratiques afin de mieux communiquer.

Un nouveau média entre dans les foyers : la télévision

En 1952, la Société Radio-Canada et la CBC inaugurent les premières stations de télévision du Canada. Au Québec, le nombre de téléviseurs dans les foyers augmente rapidement : au cours de l'année 1952 seulement, il passe de 6600 en juillet à 34 000 en décembre.

La science fait sa place au petit écran dès les premières années de la télévision. Ces premières émissions scientifiques sont surtout éducatives et destinées à un jeune public.

Fernand Seguin et Marc Favreau

Extrait vidéo
La science en pantoufles (extrait deux de 2 minutes et 35 secondes)

Diffusion : 22 octobre 1954
Sujet : Les atomes
Animateurs : Fernand Seguin et Marc Favreau
Source : Société Radio-Canada

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Le contexte sociohistorique

Après la Deuxième Guerre mondiale, la reconstruction de l'Europe et la forte demande de biens aux États-Unis stimulent le développement industriel au Canada. Le secteur des ressources naturelles est en plein essor, en particulier le papier, les mines et l'hydroélectricité. Le gouvernement fédéral met en place des mesures favorisant le plein emploi. Toutefois, les grèves et les conflits de travail sont nombreux [...]

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La science à cette époque

Après la Seconde Guerre mondiale, deux facteurs provoquent une forte hausse des inscriptions universitaires : le retour des soldats, dont plusieurs sont en âge d'étudier à l'université, et les besoins en travailleurs qualifiés [...]

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Le journalisme à cette époque

La prospérité économique de l'après-guerre favorise l'industrie de la presse. Les recettes publicitaires augmentent et les journaux deviennent plus volumineux. De même, les salles de rédaction prennent de l'ampleur. La presse populaire tabloïd connaît un essor notable : on lance le Journal de Montréal (1964-); le lectorat de Montréal-Matin s'accroît. Cependant, La Presse et le Star demeurent des quotidiens très influents au Canada [...]

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Le traitement de la science par les médias

Jusqu'alors, dans la presse, ce sont surtout des scientifiques qui se sont chargés de la vulgarisation scientifique ou qui l'ont encouragée. Désormais, des journalistes « ordinaires » couvrent le domaine des sciences [...]

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