Histoire du journalisme scientifique

Les années lumière

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[Musique d'introduction]
[titre] Les années lumière
Yannick Villedieu : Bonjour, ici Yannick Villedieu et l'équipe. Bienvenue à cette édition du 2 mars 1997 des Années lumière.
Une émission dans laquelle nous allons évidemment parler de Dolly et de clonage, mais on va aussi parler, Johanne Arcand, d'une bien bien bien bien belle visiteuse.
Johanne Arcan : Oui, il s'agit de la comète Hale-Bopp qui s'approche rapidement, rapidement de nous, et qu'on appelle déjà la comète de 1997.
Et puis du côté de l'infiniment petit, en Allemagne, des physiciens ont peut-être mis la main sur une nouvelle particule : le leptoquark.
YV : Alors Marc Bourgault, vous allez, vous, faire également dans l'infiniment petit.
Marc : Oui. Il y a le Conseil national de la recherche du Canada qui vient d'entrer au livre Guiness des records. Deux scientifiques qui ont mis au point la plus petite règle n'ayant jamais existé.
YV : La nano...

M et YV : règle.
YV : Mais pour commencer, donc, une histoire de brebis, de brebis, de brebis, de brebis, de brebis, de brebis, de brebis.
[musique]
YV : Eh bien, oui! La nouvelle, donc, a fait le tour du monde. Elle a fait la une de tous les journaux. Elle a été jouée en bonne place dans tous les bulletins de nouvelles à la radio, à la télé.
Vous en avez donc entendu beaucoup parler. Vous en avez sans doute vous-même beaucoup parlé entre vous,
mais tout de même, nous allons nous aussi en traiter de cette histoire-là, puisqu'elle est incontournable,
parce qu'avec le clonage donc d'une brebis adulte par une équipe de chercheurs britanniques, qu'un pas, un autre pas a été franchi en reproduction animale.
Des détails n'ont été donnés que jeudi dans la très prestigieuse et très sérieuse revue scientifique Nature, mais dès lundi, tout le monde a bien senti que ce pas-là avait quelque chose de très troublant.
Dans tous les journaux, à la radio, à la télévision encore, la question a été immédiatement posée : et si l'on devait faire ça à l'humain?
Alors, on en parlera dans un moment de l'humain, de ces possibles débordements chez l'humain,
mais pour l'instant, restons-en à ce qui a été fait et publié par les chercheurs d'Edimbourg en Écosse et qui concerne une espèce : le mouton.
Mon premier invité est lui aussi un chercheur en reproduction. Il a notamment participé comme biologiste au programme de fécondation in vitro humaine de son hôpital : le CHUL, à Québec.
Il s'appelle Raymond Lambert. Il est également membre du Mouvement universel pour la responsabilité scientifique.
Docteur Raymond Lambert, ce nouveau pas en avant en reproduction animale, est-ce que vous qualifiez ça de progrès, de révolution, de précédent?
Raymond Lambert : Hum! C'est un progrès, une révolution et un précédent. Les trois termes sont exacts.
YV : Ouais.
RL : Alors, c'est un progrès parce que la technologie va nous permettre, chez les animaux de la ferme de grande valeur, ayant un potentiel génétique et productif entre guillemets élevé, donc de reproduire ces animaux avec une certaine facilité.